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Les communistes en deuil : notre camarade, la résistante Angèle Bettini Del Rio nous a quittés

C’est avec beaucoup d’émotion et une grande tristesse que les communistes ont appris de décès de leur camarade Angèle, dans sa 96ème année.

Ce 5 novembre 2017, alors que les Toulousains rendaient hommage aux cinq jeunes communistes acteurs du premier acte de résistance à Toulouse, le 5 novembre 1940, exceptionnellement Angèle Bettini del Rio n’était pas présente. Son état de santé ne lui a pas permis d’être, comme chaque année, au rendez-vous de la mémoire de cette action d’éclat, qui a tant marqué sa vie. Angèle, dernière survivante des acteurs de cet acte héroïque de la Résistance toulousaine, s’est éteinte dans la nuit du 5 au 6 novembre, paisiblement, entourée de l’affection de sa famille
Née le 20 mai 1922 à Toulouse, de parents émigrés espagnols, Angèle s’engage très tôt contre l’injustice sociale : en 1936, âgée de 14 ans, elle sera la première apprentie à participer aux grèves et manifestations qui conduiront au Front Populaire. Pendant la guerre d’Espagne, elle participe activement à la solidarité avec les Républicains Espagnols en collectant vêtements et vivres pour le Secours Rouge. C’est à cette occasion qu’elle s’engage à 15 ans au sein du Mouvement des Jeunes Communistes, en 1937. Un engagement auquel elle restera fidèle toute sa vie.
Lorsque Pétain signe l’armistice avec Hitler, c’est tout naturellement qu’Angèle et ses camarades de la Jeunesse Communiste décident de résister à la collaboration, à l’occupation nazie. Ils multiplient les distributions de tracts à la volée, dans les boîtes à lettres … Lorsqu’ils apprennent que le 5 novembre 1940, Pétain qui a entrepris un voyage de propagande pour défendre sa politique de collaboration, fera étape à Toulouse, la décision est prise : ils signifieront au maréchal félon qu’il n’est pas le bienvenu dans la ville rose. Avec ses camarades Yves Bettini, qui deviendra plus tard son mari, Robert Caussat, Jean Bertrand, André et Angèle Delacourtie, ils confectionnent un ingénieux système pour projeter des tracts sur le cortège de Pétain depuis les toits de l’immeuble situé au 13 rue Alsace-Lorraine. L’opération est une réussite et le cortège de Pétain est interrompu. Mais le groupe de jeunes résistants paiera très cher son action : ils seront arrêtés le 26 novembre et emprisonnés. Angèle passera quatre longues années dans les camps d’internement : d’abord au Récébédou, puis à Rieucros en Lozère, à Brens dans le Tarn et enfin au camp de Gurs dont elle s’évadera quelques semaines avant la Libération. 
Le devoir de mémoire était pour Angèle une autre forme de résistance. Elle a écrit des livres de souvenirs et témoignait régulièrement de son expérience auprès des jeunes élèves de la région. Elle entretenait également des liens amicaux et chaleureux avec les Jeunes Communistes de Haute-Garonne, toujours prête à partager avec eux son expérience.

Angèle a reçu de nombreuses décorations dont la Médaille de la Région, remise par Martin Malvy, et la Légion d’Honneur, reçue le 5 novembre 2010 des mains du général Roquejeoffre.  
Les communistes de Haute-Garonne présentent leurs condoléances les plus fraternelles à ses trois enfants, à sa famille et ses proches. Ils sont fiers et honorés d’avoir compté dans leurs rangs, une femme d’une telle qualité humaine. Ses yeux rieurs, son franc-parler, sa gentillesse vont cruellement leur manquer.

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