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L'heure est à la lutte contre l'austérité, pas aux municipales. (29/11/2012) La Voix du Midi

Le secrétaire départemental du PCF participe ce jeudi 29 novembre au meeting contre l’austérité au Parc des expositions à Toulouse. François Hollande a passé le cap des six mois à l’Élysée, l’assemblée nationale vient de voter le premier budget de gauche depuis 10 ans… Maintenant qu’on y est vraiment, comment apprécier l’action de la gauche au gouvernement ?

« Nous remarquons au Front de gauche que dans la mobilisation contre l’austérité, les plans de licenciements, le débat sur le coût du travail, le gouvernement s’oriente vers les vieilles recettes en nous expliquant qu’il faut libérer les capitaux, c’est-à-dire ce qui vient de nous conduire à la crise et qui a pour conséquence la dette. François Hollande ne s’appuie pas sur les électeurs du Front de gauche.

Tenter de relancer la croissance n’est-ce pas la bonne solution ?

François Hollande se trompe en pensant qu’il aidera la croissance en gelant les dotations publiques. Nous ne pensons pas qu’il faille encore une fois s’attaquer aux acquis sociaux et au service public pour mieux mettre en œuvre un énième plan barriste fondé sur l’idée que plus on libère les grandes entreprises privées, plus la richesse se répartit. Ce modèle est et reste un échec. Cette politique ne marche pas, la Grèce, l’Espagne, l’Irlande ou le Portugal l’ont une fois de plus montré.

Que faire alors ?

Nous voulons dans un premier temps organiser un véritable front contre l’austérité. Rassembler le plus possible, créer une mobilisation totale pour réorienter la politique du gouvernement, c’est notre objectif. À cet effet, un grand meeting est organisé ce jeudi 29 novembre au Parc des expositions de Toulouse à l’initiative du CAC (Collectif pour un audit citoyen de la dette). Le Front de gauche sera le principal participant de cet événement qui associe plusieurs partis politiques, syndicats, et autres organismes. Jean-Luc Mélenchon, notre député européen du grand Sud-Ouest, sera des nôtres.

Localement, comment se porte le Front de gauche ?

Bien puisque nous sortons renforcés des dernières séquences électorales. Jean-Luc Mélenchon réalise un bon score dans le département à la présidentielle et plusieurs de nos candidats aux législatives réalisent de belles performances, à deux chiffres. Patrick Boube accapare 13 % des électeurs en Comminges et nous réalisons une moyenne de 10 % à Toulouse avec de beaux scores partout en ville y compris sur la 4e circonscription où Monique Durrieu subissait une sorte de contestation…

Une contestation interne au Front de gauche entre militants du Parti communiste et du Parti de gauche. Où en est-on aujourd’hui dans les relations entre les deux principales entités du mouvement?

Le Parti communiste continue d’être la principale force du mouvement en Haute-Garonne. Nous travaillons bien ensemble au niveau départemental même si nous avons connu une tension avec Jean-Christophe Sellin au sein de notre groupe au conseil municipal de Toulouse. Nous l’avons exclu durant l’été car nous avions de plus en plus de difficulté à travailler avec lui et son comportement dans notre travail collectif ne nous correspondait plus. Jean-Christophe Sellin a d’ores et déjà fait entendre sa voix pour les élections municipales tout comme Myriam Martin, qui vient de quitter le NPA pour le Front de gauche. Ils veulent une liste autonome. C’est votre vœu également ?

J’ai vu que Myriam et Jean- Christophe se sont permis de parler au nom de tous les militants du Front de gauche et c’est une erreur de leur part car, ni au niveau de nos instances départementales ni au plan national, les élections municipales ne sont à l’ordre du jour. Aucune stratégie n’a été définie par le mouvement et je trouve leur démarche très individualiste et très électoraliste.

Mais vous avez quand même un avis sur la question ?

Nous sommes en 2012, il reste de nombreux paramètres à définir. Quelles sont les intentions de Pierre Cohen par exemple ? J’attends d’abord qu’il annonce officiellement ou pas qu’il sera candidat à sa succession. Ensuite, a-t-il l’intention de reconduire un grand rassemblement de la gauche ? Deuxième paramètre : le positionnement de la droite. Faudra-t-il considérer que la menace est à ce point importante et qu’il faut une union de la gauche dès le premier tour ? Et avant toute chose, ayons d’abord l’humilité de dresser un bilan de ce que nous avons réalisé dans la majorité municipale depuis 2008.

Justement, quel est votre bilan municipal ?

Je crois que nous avons fourni un formidable travail. Chaque élu s’est impliqué et à porter nos idées. Je ne veux oublier personne mais notons que Martine Croquette a clairement fait progresser le logement social puisque nous passons la barre des 20 %, Jean-Paul Pla a réalisé de grandes choses sur l’économie sociale et solidaire… Et puis nous avons été entendus sur bien des points comme l’office de la tranquillité qui était, je le rappelle, une proposition de Jean-Marc  Barès, le transport, l’accès à la culture. Pour autant, n’oublions pas qu’il y a aussi des points sur lesquels nous n’avons absolument pas été entendus : sur la fin des aides aux entreprises privées, sur la gestion publique de l’eau, sur la gestion du Parc des expos… Voilà pourquoi un bilan est nécessaire et que les déclarations de Myriam Martin et Jean-Christophe Sellin sont bien prématurés. Leur démarche très individualiste et très électoraliste. Nos militants, nos électeurs, les Français attendent de nous que l’on trouve des solutions à leur pouvoir d’achat et à leurs emplois pas de connaître nos positions électorales personnelles. L’heure est à la lutte contre l’austérité, pas aux élections municipales.

Avez-vous néanmoins fixé un calendrier préparatoire à ces élections municipales ?

Nous voulons justement alimenter  notre devoir de bilan par un vrai contact avec la population toulousaine et des groupes de travaux seront lancés en 2013. Nous prévoyons une dizaine de rencontres avec la population. Nous travaillerons ensuite à un projet municipal lequel, selon la stratégie qui sera la nôtre, sera le fer de lance d’une proposition autonome ou bien alimentera un programme d’union de la gauche.

Pascal Pallas

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