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Municipales 2014 : le PCF a lancé le débat sur l'avenir des transports publics

Ce 16 octobre, à l'initiative du PCF, une cinquantaine de syndicalistes, de militants associatifs et d'habitants de Toulouse ou de son agglomération, tous très avertis de la question des transports, sont venus entendre et interpeler Bernard Marquié, adjoint à la Mobilité de Toulouse (PCF), Régis Godec, président du groupe des élus EELV de Toulouse,  et Joël Carreiras (PS), président de la Commission Transports et Déplacements de Toulouse-Métropole.

L'enjeu des transports est toujours une priorité pour les trois intervenants. EELV se démarque en se désolidarisant du bilan municipal, affirmant que le PDU (Plan de Déplacements Urbains) n'est pas assez ambitieux, mais tous reconnaissent que la majorité municipale actuelle a sauvé Tisséo grâce à des investissements massifs qui ont permis de financer les projets.
Aéro-tram, navettes fluviales, tarifs justes, développement du service public, investissement dans la régie publique en moyens humains et matériels, extension des horaires des bus de proximité, Bernard Marquié a traduit l'ambition des communistes pour les transports dans le futur mandat : assurer le maillage en "toile d'araignée" de l'agglomération afin de faciliter les déplacements de quartiers à quartiers ou de villes à villes de la périphérie, sans être obligé de passer par le centre de Toulouse. Ce qui demande de porter l'effort de contribution de Toulouse-Métropole à 180 millions d'euros d'ici 2020. Avec la volonté, soulignée par l'adjoint à la Mobilité de Toulouse, de faire plus et mieux sur la concertation avec les usagers et les personnels, ainsi que sur le lien nécessaire entre urbanisme et transports, notamment dans les zones économiques.

Joël Carreiras est revenu sur le bilan de la majorité municipale, le projet du PS pour 2014 étant encore en discussion. Mais pour J. Carreiras, le transport doit rester la priorité de la municipalité : "Nous avons fait beaucoup, a-t-il dit, mais il reste à faire : la droite a laissé un héritage catastrophique, elle n'investissait pas dans les transports en dehors de la croix du métro. Nous, nous voulons un maillage du territoire, nous avons sauvé le transport en commun à Toulouse."

Joël Carreiras a également réfuté les arguments de R. Godec sur le manque d'ambition du PDU : Toulouse a le budget transports le plus important de France, les futurs projets se situent pratiquement à la même hauteur d'investissements que ceux de Lyon, le tram est lancé, les BHNS et le plan Vélo montrent également un haut niveau d'ambition. Et contrairement à ce qui avait été dit par Régis Godec, le Conseil Général tient ses engagements d'investissement à hauteur de 32 millions d'euros par an.

Des syndicalistes de Tisséo, présents dans la salle, sont intervenus pour demander que les moyens en personnels et matériels soient mis au niveau des besoins pour assurer un service public de qualité et améliorer les conditions de travail des personnels. 

La question de l'augmentation de la TVA sur les transports prévue par le gouvernement est également venue dans le débat : pour le PCF la TVA sur les transports, comme sur le logement social d'ailleurs, doit être maintenue au taux le plus bas. D'autant que cette augmentation doit servir à financer les 20 milliards de crédit d'impôt accordés aux entreprises sans aucune contrepartie en matière de créations d'emploi. Un voeu en ce sens avait d'ailleurs été adopté par l'ensemble de la majorité municipale de Toulouse.

En ce qui concerne les investissements pour les infrastrutures de transports, Bernard Marquié a précisé que si l'Union Européenne avait subventionné les infrastructures de transports en Espagne à hauteur de 80% des investissements nécessaires, Toulouse-Métropole aujourd'hui ne pouvait en espérer plus de 10%. Alors que ce serait pourtant une mission essentielle de l'Union Européenne que d'aider les Etats membres sur ces projets au service du développement social et environnemental. Lorsqu'il s'est agi de renflouer les banques, l'UE a su trouver les fonds nécessaires. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les projets utiles aux populations et au développement économique ? a souligné Bernard Marquié.

Bernard Marquié a conclu la soirée en se félicitant que chacun considère les transports comme une priorité et s'accorde sur le développement du service public par un maillage plus important du territoire. Il souhaite une avancée de la réflexion pour construire une tarification plus juste, tout en rejetant l'idée d'une gratuité pour tous, quelques soient les revenus. Un tiers des usagers bénéficie déjà de la gratuité (chômeurs, titulaires du RSA, personnes de plus de 65 ans). Aller plus loin dans ce sens conduirait à des licenciements chez Tisseo (personnels en charge de la billeterie) et compromettrait les capacités d'investissement de l'entreprise. La vente des billets représentant actuellement entre 32 et 34 % des frais de fonctionnement de l'entreprise publique. Mieux vaut s'orienter vers une prise en charge plus importante des entreprises pour le transport de leurs salariés (actuellement, 50% des frais de transports collectifs sont remboursés aux salariés directement par leurs entreprises.) C'est une solution bien plus juste socialement que de compenser la gratuité par l'impôt sur les ménages. Car au bout du compte, les transports ont un coût, la question est de savoir qui paie. Pour le PCF, cette charge ne doit pas pénaliser les familles mais être prise en charge par les entreprises qui sont les premières bénéficiaires du transport de leurs salariés.

Un appel sera lancé aux militants de gauche présents dans la salle pour contrer les initiatives de la droite dans certains quartiers où elle cherche à faire primer quelques intérêts particuliers sur l'intérêt général, comme sur le trajet du BHNS (Bus à Haut Niveau de Services) de Lardenne, alors que c'est plus de 50 000 personnes qui attendent de pouvoir bénéficier des transports publics dans ce secteur. C'est un enjeu environnemental (pollutions de l'air, pollution sonore) mais aussi social (économies par rapport à la voiture, temps gagné sur les embouteillages.)

La richesse des échanges sur ce sujet des transports est la preuve, pour Pierre Lacaze, président des élu-e-s communistes de Toulouse, que c'est bien sur la construction d'un projet municipal solidaire qu'il faut poursuivre les discussions pour rassembler la gauche face à la volonté du président de l'UMP, Jean-Luc Moudenc, de revenir au Capitole en 2014. Ce serait, à n'en pas douter, la fin de la gestion publique des transports, et le retour à une politique favorisant le tout-voiture, avec des projets aussi aberrants qu'un grand contournement de Toulouse constitué d'une autoroute à étages...

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Ce 16 octobre, à l'initiative du PCF, une cinquantaine de syndicalistes, de militants associatifs et d'habitants de Toulouse ou de son agglomération, tous très avertis de la question des transports, sont venus entendre et interpeler Bernard Marquié, adjoint à la Mobilité de Toulouse (PCF), Régis Godec, président du groupe des élus EELV de Toulouse,  et Joël Carreiras (PS), président de la Commission Transports et Déplacements de Toulouse-Métropole.

L'enjeu des transports est toujours une priorité pour les trois intervenants. EELV se démarque en se désolidarisant du bilan municipal, affirmant que le PDU (Plan de Déplacements Urbains) n'est pas assez ambitieux, mais tous reconnaissent que la majorité municipale actuelle a sauvé Tisséo grâce à des investissements massifs qui ont permis de financer les projets.
Aéro-tram, navettes fluviales, tarifs justes, développement du service public, investissement dans la régie publique en moyens humains et matériels, extension des horaires des bus de proximité, Bernard Marquié a traduit l'ambition des communistes pour les transports dans le futur mandat : assurer le maillage en "toile d'araignée" de l'agglomération afin de faciliter les déplacements de quartiers à quartiers ou de villes à villes de la périphérie, sans être obligé de passer par le centre de Toulouse. Ce qui demande de porter l'effort de contribution de Toulouse-Métropole à 180 millions d'euros d'ici 2020. Avec la volonté, soulignée par l'adjoint à la Mobilité de Toulouse, de faire plus et mieux sur la concertation avec les usagers et les personnels, ainsi que sur le lien nécessaire entre urbanisme et transports, notamment dans les zones économiques.

Joël Carreiras est revenu sur le bilan de la majorité municipale, le projet du PS pour 2014 étant encore en discussion. Mais pour J. Carreiras, le transport doit rester la priorité de la municipalité : "Nous avons fait beaucoup, a-t-il dit, mais il reste à faire : la droite a laissé un héritage catastrophique, elle n'investissait pas dans les transports en dehors de la croix du métro. Nous, nous voulons un maillage du territoire, nous avons sauvé le transport en commun à Toulouse."

Joël Carreiras a également réfuté les arguments de R. Godec sur le manque d'ambition du PDU : Toulouse a le budget transports le plus important de France, les futurs projets se situent pratiquement à la même hauteur d'investissements que ceux de Lyon, le tram est lancé, les BHNS et le plan Vélo montrent également un haut niveau d'ambition. Et contrairement à ce qui avait été dit par Régis Godec, le Conseil Général tient ses engagements d'investissement à hauteur de 32 millions d'euros par an.

Des syndicalistes de Tisséo, présents dans la salle, sont intervenus pour demander que les moyens en personnels et matériels soient mis au niveau des besoins pour assurer un service public de qualité et améliorer les conditions de travail des personnels. 

La question de l'augmentation de la TVA sur les transports prévue par le gouvernement est également venue dans le débat : pour le PCF la TVA sur les transports, comme sur le logement social d'ailleurs, doit être maintenue au taux le plus bas. D'autant que cette augmentation doit servir à financer les 20 milliards de crédit d'impôt accordés aux entreprises sans aucune contrepartie en matière de créations d'emploi. Un voeu en ce sens avait d'ailleurs été adopté par l'ensemble de la majorité municipale de Toulouse.

En ce qui concerne les investissements pour les infrastrutures de transports, Bernard Marquié a précisé que si l'Union Européenne avait subventionné les infrastructures de transports en Espagne à hauteur de 80% des investissements nécessaires, Toulouse-Métropole aujourd'hui ne pouvait en espérer plus de 10%. Alors que ce serait pourtant une mission essentielle de l'Union Européenne que d'aider les Etats membres sur ces projets au service du développement social et environnemental. Lorsqu'il s'est agi de renflouer les banques, l'UE a su trouver les fonds nécessaires. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les projets utiles aux populations et au développement économique ? a souligné Bernard Marquié.

Bernard Marquié a conclu la soirée en se félicitant que chacun considère les transports comme une priorité et s'accorde sur le développement du service public par un maillage plus important du territoire. Il souhaite une avancée de la réflexion pour construire une tarification plus juste, tout en rejetant l'idée d'une gratuité pour tous, quelques soient les revenus. Un tiers des usagers bénéficie déjà de la gratuité (chômeurs, titulaires du RSA, personnes de plus de 65 ans). Aller plus loin dans ce sens conduirait à des licenciements chez Tisseo (personnels en charge de la billeterie) et compromettrait les capacités d'investissement de l'entreprise. La vente des billets représentant actuellement entre 32 et 34 % des frais de fonctionnement de l'entreprise publique. Mieux vaut s'orienter vers une prise en charge plus importante des entreprises pour le transport de leurs salariés (actuellement, 50% des frais de transports collectifs sont remboursés aux salariés directement par leurs entreprises.) C'est une solution bien plus juste socialement que de compenser la gratuité par l'impôt sur les ménages. Car au bout du compte, les transports ont un coût, la question est de savoir qui paie. Pour le PCF, cette charge ne doit pas pénaliser les familles mais être prise en charge par les entreprises qui sont les premières bénéficiaires du transport de leurs salariés.

Un appel sera lancé aux militants de gauche présents dans la salle pour contrer les initiatives de la droite dans certains quartiers où elle cherche à faire primer quelques intérêts particuliers sur l'intérêt général, comme sur le trajet du BHNS (Bus à Haut Niveau de Services) de Lardenne, alors que c'est plus de 50 000 personnes qui attendent de pouvoir bénéficier des transports publics dans ce secteur. C'est un enjeu environnemental (pollutions de l'air, pollution sonore) mais aussi social (économies par rapport à la voiture, temps gagné sur les embouteillages.)

La richesse des échanges sur ce sujet des transports est la preuve, pour Pierre Lacaze, président des élu-e-s communistes de Toulouse, que c'est bien sur la construction d'un projet municipal solidaire qu'il faut poursuivre les discussions pour rassembler la gauche face à la volonté du président de l'UMP, Jean-Luc Moudenc, de revenir au Capitole en 2014. Ce serait, à n'en pas douter, la fin de la gestion publique des transports, et le retour à une politique favorisant le tout-voiture, avec des projets aussi aberrants qu'un grand contournement de Toulouse constitué d'une autoroute à étages...

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