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Scandale : le gouvernement vend l'aéroport de Blagnac, patrimoine national

C'est officiel depuis ce matin, le gouvernement a vendu 49,9% des parts qu'il détenait dans le capital de l'Aéroport Toulouse Blagnac à un consortium chinois composé du Shandong Hi Speed Group et Friedmann Pacific Investment Group (FPIG) un puissant fonds d'investissement de Hong-Kong.  Beaucoup se sont émus du fait que ce sont des Chinois qui ont emporté le marché. Mais pour nous communistes, le vrai problème ce n’est pas la nationalité des acheteurs mais la privatisation elle-même. Si Vinci ou Natixis, les autres acheteurs potentiels, avaient remporté le morceau, cela n’aurait rien changé : pour ces grands groupes seuls comptent les profits. On ne peut pas dire que le « patriotisme économique » les préoccupe beaucoup, eux qui n’hésitent pas à brader des pans entiers de notre industrie pour augmenter de quelques pourcents les dividendes de leurs actionnaires.

Non, ce qui est scandaleux c’est qu’une fois de plus, le gouvernement brade l’intérêt général, le patrimoine national, aux intérêts du privé. Car ne nous y trompons pas : l’aéroport de Toulouse-Blagnac est rentable, très rentable même ! Et c’est bien pour ça qu’il intéresse le secteur privé.  L’Etat va donc se priver –nous priver- de ressources importantes comme il l’a déjà fait pour les autoroutes qui rapportent des millions aux concessionnaires privés. On nous explique à longueur d’antenne qu’il faut se serrer la ceinture parce que les caisses de l’Etat sont vides et le gouvernement se débarrasse de ce qui pourrait contribuer à les remplir ! Où est la logique économique ?

Autre aspect du problème : les nuisances sonores pour les riverains. Le consortium chinois s’est allié pour les aspects techniques avec le groupe canadien Lavalin, qui gère déjà l’aérodrome de Francazal. Le projet est de transformer l’aéroport de Blagnac en « hub », sorte de nouvelle porte d’entrée en France des vols depuis la Chine. On passerait ainsi de 7,5 millions de passagers par an à 20 millions d’ici vingt à trente ans !

Bien sûr, Emmanuel Macron, ministre de l'économie, se veut rassurant : « Il ne s'agit pas d'une privatisation mais seulement d'une ouverture de capital de la société de gestion puisque les collectivités locales et l'état resteront majoritaires avec 50,01 % du capital. » Certes. Mais on commence à avoir l’habitude de ce genre de manipulation : on commence par ouvrir –largement, très largement dans ce cas- le capital d’une entreprise publique aux actionnaires privés puis quelques années après, on finit le travail en privatisant complètement. Malheureusement les exemples ne manquent pas : Aérospatiale, France Télécom, la SNPE…La liste serait longue !

De plus, l’aéroport est un élément important de l’aménagement du territoire et de l’économie régionale en lien avec Airbus. Comment  justifier de livrer une infrastructure aussi importante pour le développement de la région aux intérêts privés ? A l’heure où un récent rapport de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale a démontré la nocivité de la privatisation des autoroutes, il est inadmissible de voir le gouvernement livrés les aéroports aux financiers.

D’autant qu’Emmanuel Macron ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : il annonce déjà la privatisation prochaine des aéroports régionaux de Nice et de Lyon !

Il est plus que temps de mettre un terme à cette politique dévastatrice pour le pays. Avec les associations, les syndicats, tous ceux qui ont le souci de l’intérêt général, le PCF continuera à rassembler pour s’opposer au démantèlement du patrimoine du pays.

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