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Grippe aviaire : quel avenir pour la filière « canards gras » ?

La décision prise le 15 janvier 2016 sous l’autorité du Ministre de l’Agriculture d’instaurer à partir du mois d’avril, un vide-sanitaire total et prolongé pour lutter contre l’influenza aviaire qui touche les élevages de palmipèdes, dans toute la région du grand Sud-Ouest, dont la Haute-Garonne, suscite une grande inquiétude et nourrit beaucoup d’interrogations parmi les producteurs.

Ce sont des milliers d’emplois qui vont temporairement être réduits au chômage voire supprimés dans la région. Et pour des centaines de producteurs familiaux, ceux qui assurent la totalité de la production, du caneton à la transformation et la vente directe au consommateur, cela va représenter une perte substantielle de revenus pour l’année 2016.

D’autres mesures sanitaires moins lourdes, plus souples étaient-elles, et sont-elles toujours possibles ?

Christian Dotto, Président Régional du Modef vient de s’adresser à Carole Delga, présidente de Région. Il reprend ici, les éléments essentiels de son courrier.

Les causes de cette épidémie.

Dans les causes, il convient aussi de se demander si les conditions d’organisation de cette filière depuis une vingtaine d’années avec spécialisation, concentration de milliers de palmipèdes sur les lieux d’élevage, transport répété entre les différents stades de la production et d’abattage ne sont pas devenues un terrain propice à ces risques sanitaires ?

Et demain ?

Nous avons besoin pour maintenir une activité économique, humaine, sociale, dense dans nos villages, de l’existence d’une agriculture familiale, paysanne dynamique. Nous avons besoin dans cette filière de palmipèdes gras d’une production de qualité, basée sur des labels, soucieuse de l’environnement, dans des exploitations à taille humaine alliant sur place l’élevage, le gavage, la transformation et la commercialisation de cette production. C’est ce que demandent de plus en plus les consommateurs…

Pour une indemnisation totale.

Qu’elles viennent du gouvernement français, de l’Union Européenne, des collectivités territoriales, il est indispensable que les aides financières soient à la hauteur des pertes de revenus considérables que vont subir tous les acteurs de la filière et d’abord les plus modestes.

Dès maintenant, pour les producteurs qui ont déjà abattu tout leur cheptel, et dès le mois d’avril pour tous les autres, il faut commencer à verser des aides pour éviter des situations difficiles dans les familles. Et pourquoi ne pas, pendant les mois de vide-sanitaire, exonérer les producteurs et autres acteurs de la filière des cotisations sociales à la MSA ?

Et les importations ?

Là aussi il ne faut pas que ce soit un sujet tabou. Nous savons que certains industriels font élever et gaver des palmipèdes dans des pays de l’Europe de l’Est, dans des conditions sanitaires et de rémunération sur lesquelles il y a une vraie chape de plomb. Alors là aussi, ayons le courage de s’affranchir des règles européennes de concurrence libre et non faussée, et soyons extrêmement vigilants sur les risques d’importation massive dans les mois qui viennent de produits (foies gras, magrets) venant de ces pays. Et si nécessaire, taxons de façon rigoureuse ces importations, ou supprimons les aides aux entreprises locales et françaises qui seraient tentées de gonfler leurs importations…

Christian DOTTO

Président Régional du MODEF (Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux)

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