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Manifeste pour un grand service public ferroviaire national d'avenir du Collectif de Défense et de Promotion du Train

MANIFESTE POUR UN GRAND SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE NATIONAL D’AVENIR

Comité Haute-Garonne de défense et de promotion du Train (LGV, TER , TET «  Inter-Cités »,Trains de nuit, Fret..)

 

La question des transports se trouve aujourd’hui au cœur d’enjeux essentiels : climat et environnement, santé publique, aménagement du territoire, enjeux sociaux et économiques. Dans le même temps, les décisions prises par le gouvernement, l’Union Européenne et la direction de la SNCF sont des plus inquiétantes quant à l’avenir du transport public ferroviaire.

La libéralisation des transports de voyageurs par autocars incluse dans la loi Macron, les décisions prises par le Ministre Alain Vidalies, visant les trains Intercités , à la suite du rapport de la commission Duron, les trains express régionaux (TER) fragilisés par une concurrence routière déloyale et la baisse des moyens des collectivités territoriales illustrent les contradictions fortes entre les discours sur le développement durable et les actes. Ces décisions impactent fortement la grande région toulousaine :

Pour les trains de nuit :

-          suppression du Paris-Luchon qui compromet gravement la réouverture du tronçon Montréjeau-Luchon,

-          suppression du Paris-Cerbère,

-          suppression du Paris-Carmaux-Albi qui s’arrêterait maintenant à Rodez.

-          suppression de la Palombe bleue (Tarbes-Lourdes-Paris)

Pour les TET (Intercités) :

-         menaces sur la ligne Toulouse-Tarbes-Hendaye (préconisation de transfert sur bus)

-            Dégradation et menaces sur le POLT (cadencement réduit et arrêt à Brive, proposition de continuer jusqu’à Toulouse par TER si la Région accepte de les financer)

-          Menaces également sur le Cévennol (Nîmes-Alès-Clermont-Ferrand)

-          Menaces sur le Béziers-Milhau-Séverac-Neussargues-Clermont-Ferrand.

-          Suppression de la relation Toulouse-Nantes

Le transport des marchandises, livré à l’hégémonie du mode routier, est totalement abandonné à la seule volonté du marché qui ignore l’intérêt général et reporte sur la collectivité toute entière la prise en charge des coûts qu’il génère (infrastructure, pollution, accidents, congestion…). Où sont les décisions prises lors du Grenelle de l’Environnement ?

Or, il s’agit là d’une grande question de société qui doit tenir une place centrale dans le débat politique.

Quasi absents de la loi sur la transition énergétique, les transports font l’objet de décisions et de travaux pour le moins contradictoires avec un consensus apparent sur la nécessité de rééquilibrer les parts des différents modes en faveur des plus vertueux, singulièrement le mode ferroviaire.  Présenté comme « historique », l’accord « COP21 » ne donne aucune obligation aux Etats pour privilégier les modes de transports les plus écologiques… ce qui les laisse libre de poursuivre des politiques de transports qui tournent le dos à l’environnement.

Réfléchir à la façon dont nous transporterons demain les personnes et les biens dans une société où les besoins de mobilité croissent de façon importante implique une approche multimodale équilibrée.

Redonnons au rail toute sa place: le transport ferroviaire de passagers et de marchandises doit redevenir un grand service public. La SNCF, entreprise publique nationale, doit en être l’instrument.

Cela implique l’accès au transport ferroviaire pour tous les citoyens aux mêmes conditions et sur l’ensemble d’un réseau national modernisé et rénové.

Il est aussi urgent de développer le transport marchandise en relançant le « wagon isolé », en développant les liaisons ferroviaires avec les ports français et en remettant en place des zones logistiques reliées au fer dans les zones urbaines.

Il faut moderniser et maintenir le réseau ferré et notamment les lignes secondaires qui assurent une desserte fine du territoire tant pour les passagers que les marchandises. De même, il est fondamental de maintenir le triage de St-Jory en état de fonctionnement (actuellement 16 voies sont fermées faute de moyens pour leur entretien !) de maintenir les voies de service des gares et le réseau capillaire pour développer le fret de proximité.

Il est nécessaire de régler la question de la dette de SNCF Réseau : l’Etat doit la prendre en charge. L’argent existe : les 40 milliards du CICE, donnés aux entreprises sans aucune contrepartie sur l’emploi, seraient bien mieux utilisés pour le financement du rail, créateur d’emplois.

 Il est indispensable de mettre en place de nouveaux financements pérennes (taxes sur les bénéfices autoroutiers, versement transport des entreprises, contribution du transport routier, épargne populaire, TVA à 5,5 %…), et de rétablir la vérité des prix entre les différents modes de transport en intégrant les coûts externes.

La tarification doit sortir de la loi de l'offre et de la demande, elle doit permettre à tout un chacun d'accéder au transport public de tous points du territoire dans les mêmes conditions. En Midi-Pyrénées, des tarifications sociales sont en place pour les jeunes, les demandeurs d'emplois : elles doivent être préservées et développées. Un service public de qualité, c'est aussi une présence humaine qualifiée pour assurerr l'accueil et la sécurité dans les gares et dans les trains.

Il faut aussi consolider le développement d’une grande filière industrielle notamment dans la conception et la fabrication du matériel roulant, créatrice d’emplois (entreprise Alstom de Tarbes, CAF à Bagnères ou Safran à Albi.)

Signataires de ce manifeste, nous considérons que le mode ferroviaire garde non seulement toute sa pertinence pour opérer le rééquilibrage entre les modes de transports, mais qu’il est aussi un outil moderne incontournable pour répondre aux exigences environnementales, énergétiques et sociétales de notre temps. Le train reste le moyen de transport le plus écologique et le plus sûr. Il faut en développer tous les aspects : construire la LGV Bordeaux-Montpellier, moderniser et augmenter la capacité du réseau TET et TER afin de permettre le développement du fret ferroviaire. Ce réseau doit être développé dans le cadre une intermodalité fer/route/modes doux, afin de desservir au mieux l’ensemble de nos territoires.

Il y a urgence ! Nous sommes à un moment critique qui impose de trouver des réponses claires en termes de choix de société.

Avec ce manifeste nous entendons ouvrir un espace d'échanges, enrichir la réflexion collective, intervenir dans le débat politique en organisant des initiatives publiques  et ainsi peser sur les décisions à venir. Nous vous invitons à rejoindre le comité pour la défense et la promotion du Train.

 A Toulouse, le 8 mars 2016

Jean-Pierre Wolff, professeur d’université, spécialiste des transports,

Charles Marziani, Vice-président du Conseil Régional Midi-Pyrénées de 2004 à 2015, en charge des Transports

Bernard Marquié, Vice-président du Conseil Régional Midi-Pyrénées de 1998 à 2004, en charge des Transports ; Vice-président de Tisséo de 2008 à 2014.

Dominique Satgé, conseillère régionale Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, membre de la Commission Transports.

Contact : defensedurail31@orange.fr

 

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